15-08-16

Tout travail mérite salaire
 

De cette phrase populaire, est née une éducation basée sur l’effort, le dépassement de soi ou des autres.
Se surpasser, se dépasser fournir plus que nécessaire afin de mériter le statut de celui qui avance et progresse bien.
 

Ainsi la masse prononce inlassablement sous de multiples facettes cette phrase biblique sans toujours s’en rendre compte « c’est dans la souffrance que l’on avance ».

De quelle souffrance parlons-nous ? Au nom de quel salut ?

Par méconnaissance du fond de vérité prononcé en cette phrase, nous nous sommes mis à cultiver le goût, et le plaisir de la difficulté, avec comme gloire la satisfaction personnelle d’avoir réussi.
 

Combien de difficultés créons-nous à ceux que nous « aimons » pour leur bien, afin qu’ils avancent et progressent, selon notre idée du progrès.
Face à combien de difficultés nous confrontons-nous pour être ou faire mieux que les autres, quand ce n’est pas mieux que soi-même, afin de croire à notre avancement personnel.
Combien d’efforts fournis pour sortir vainqueur d’une foule, à nos yeux engluée dans l’apathie, l’ignorance ou la stagnation, avec parfois l'espérance de l’entraîner sur notre chemin considéré de réussite.

Le poids de nos médailles, qu’elles soient d’or ou d’argent, représentantes de nos challenges sont des handicaps à l’amour, masquant le sens et le progrès du chemin intérieur.

Les récompenses que l’on attribue parce que nous considérons connaître l’effort enduré, sont des accélérations vers l’individualisation, des barrières entre nous, et des freins temporaires à l’évolution vers l’unité.
 

En quittant le plaisir de la difficulté, la simplicité, la sobriété apparaissent.
Nulle course en avant, nul effort démesuré à fournir, nul surpassement.

Mais une constante endurance, une avancée régulière et rythmée afin d'obéir à la voie intérieure de l’expansion et l’inclusivité, double mouvement de conscience simultané, dont les résultats ne se font que sensiblement percevoir à l’extérieur par ceux qui ont l’œil ouvert.
 

Dans cette phrase « tout travail mérite salaire », de quel travail parlons-nous ?

Avant d’être un humain en action dans le monde se donnant comme objectif de vivre ou survivre, nous sommes une conscience, cherchant à révéler l’unité de toutes les vies, sens commun d'évolution.
 

Tant que notre individualisme, brouille les pistes de notre raison d’être fondamentale, l’effort fourni reste celui consacré à la forme dans la forme pour la forme.
 

Lorsque l’effort fourni cesse d’être motivé pour gagner ou gagner plus, (que ce soit de l’argent, de la notoriété…), qu’il se réoriente par une observation constante de nos attachements et enfermements, notre quotidien devient un outil utile à la libération des entraves nocives à la qualité des relations humaines.

Cet effort invisible n’a de récompense que dans le futur de l’humanité, même si au fil des ans, l’individu tendu vers le salut se trouve libéré de ses chaînes.

Progressivement illuminé d’un parcours long et silencieux, il devient porteur de quelques mots de sagesse qui le porte à guider ceux qu’il aime, vers une compréhension plus large de la Réalité.

 

Quand tous nos efforts d’humains seront orientés à servir l’unité, quand ensemble nous choisirons de dépasser les difficultés engendrées par le mirage de la séparativité, le pouvoir de la Fraternité engendrera une civilisation basée sur le partage.
Le but de l’incarnation cessera d’être : celui d’avoir pour Être et laissera place à celui : d’être pour devenir.
Ainsi librement, dans l’invisible chacun servira à travers lui l’épanouissement de conscience dont il est l’heure, et l’humanité rayonnera la gloire de l’Unité.

Nous méritons la vie que nous vivons, celle-ci correspond à nos schémas
de pensées cultivés.
Miroir plus ou moins déformé de l’Unité intérieurement réalisée.

Le sens du temps